Tout ce qu’il faut savoir pour activer le Lëtzebuergesch Clavier et en tirer le meilleur, en cinq minutes.
Installez d’abord l’application. Le plus simple est de passer par Google Play : elle s’y installe et s’y met à jour comme n’importe quelle autre. Si vous préférez le fichier d’installation, il est sur la page d’accueil, et Android vous demandera alors une autorisation pour cette source.
Une fois installée, l’application doit être activée comme clavier système avant de pouvoir servir dans vos autres applications. Elle vous guide, et coche les étapes au fur et à mesure.
Ouvrez l’application et touchez « Activer le clavier ». Vous arrivez dans les paramètres Android, section « Clavier à l’écran » (ou « Langues et saisie » selon les téléphones). Activez l’interrupteur en face de « Lëtzebuergesch Clavier ».
Android affiche alors un avertissement standard, rappelant qu’un clavier peut lire le texte saisi. C’est le même message pour tous les claviers, Gboard compris. Celui-ci fonctionne entièrement hors ligne et n’a aucun accès réseau — voir la politique de confidentialité.
Un second message prévient qu’après un redémarrage, le clavier ne sera disponible qu’une fois le téléphone déverrouillé. C’est également normal.
Activer ne suffit pas : il faut ensuite le choisir comme clavier actif. Depuis l’application, touchez « Ouvrir le sélecteur » et choisissez « Lëtzebuergesch Clavier » dans la liste.
À tout moment ensuite, un appui long d’une seconde sur la barre d’espace ouvre ce même sélecteur — le petit 🌐 affiché sur la barre le rappelle.
Écrivez « Moien alleguer » dans le champ d’essai et regardez les suggestions apparaître. Si des mots luxembourgeois vous sont proposés, tout fonctionne.
Pour que vos mots luxembourgeois cessent d’être soulignés en rouge dans toutes les applications, et pas seulement au clavier, activez aussi le correcteur fourni : Paramètres Android → Système → Clavier → Correcteur orthographique, puis choisissez « Correcteur Lëtzebuergesch ».
Attention : ce réglage se trouve sous Clavier, et non sous « Langues ». Un interrupteur général « Utiliser le correcteur orthographique » le surplombe ; s’il est éteint, rien n’est vérifié et le correcteur choisi n’est jamais appelé.
Les lettres sont en QWERTZ, la disposition des claviers physiques au
Luxembourg, celle que le luxembourgeois partage avec l’allemand : le z est en
haut, à côté du t, et le y en bas à gauche.
L’apostrophe, structurelle en luxembourgeois — d’Land, s’Kanner —, a sa
propre touche à droite de la barre d’espace. Elle porte l’apostrophe droite
', sûre dans une adresse ou un mot de passe ; un appui long donne
l’apostrophe typographique ’ et les guillemets “ ” ".
Les trois plus fréquentes ont chacune leur touche, sans aucun appui long :
é ferme la rangée du milieu, juste à droite du l ; ä et ë
encadrent la barre d’espace, sur la rangée du bas.
Les plus rares s’obtiennent en appuyant longuement sur la lettre de base :
ü et û sous le u, ö et ô sous le o, à et â sous le a, è et
ê sous le e. Glissez le doigt vers celle que vous voulez, puis relâchez.
Les petits caractères affichés dans le coin d’une touche annoncent ce que cache son appui long : inutile de deviner.
La barre de suggestions apparaît dès les premières lettres. Les mots luxembourgeois passent en premier, en rouge ; le français prend le relais à partir de trois lettres, en bleu, si aucun mot luxembourgeois ne correspond. Touchez une suggestion pour la compléter d’un coup, espace inclus.
Vous pouvez taper sans diacritiques : « letzebuergesch » propose bien « lëtzebuergesch ». Une lettre oubliée, en trop ou tapée à côté n’empêche pas non plus les suggestions d’arriver.
Après un espace, le clavier propose la suite probable de votre phrase d’après les deux mots précédents, pas seulement le dernier.
Le bouton « 123 » bascule vers les chiffres et symboles, euro compris ; le bouton « ABC » ramène aux lettres. La touche emoji, en bas à droite, ouvre un panneau de près de 1 900 emojis classés par catégories — appui long sur un personnage pour choisir sa couleur de peau.
Le panneau s’ouvre sur l’onglet « Récents », qui retient les trente derniers emojis employés, soit exactement la page visible : le même envoi ne recommence donc pas par la même descente dans la grille. Cette liste ne quitte pas le téléphone, et se vide depuis les réglages du clavier.
En luxembourgeois, tous les noms prennent une majuscule — la Groussschreiwung. Le clavier s’en charge : quand vous appuyez sur la barre d’espace, il remet la majuscule au mot que vous venez d’écrire si la phrase la demande. Vous tapez « an der stad », vous obtenez « an der Stad ».
Trois choses à savoir, et elles suffisent :
La touche majuscule a trois états : un appui pour une seule majuscule, deux pour le verrouillage, trois pour revenir au normal. Un appui long sur le retour arrière efface le mot entier plutôt que lettre à lettre.
Poser le curseur entre deux lettres est le geste le plus raté de la saisie mobile : la cible fait deux millimètres et le doigt en couvre dix. Posez le doigt sur la barre d’espace et faites-le glisser : le curseur suit, une lettre à la fois, avec une courte vibration à chaque caractère franchi. Le geste ne s’arrête pas au bord de la touche, il court sur toute la largeur de l’écran — de quoi traverser une phrase sans lever le doigt.
Les autres gestes de la barre d’espace sont intacts : l’appui simple insère une espace, l’appui long d’une seconde ouvre le sélecteur de claviers.
L’engrenage, en haut de l’application, ouvre les réglages propres au clavier :
Au-delà du clavier lui-même, l’application tient en quatre destinations :
| Onglet | Ce qu’on y trouve |
|---|---|
| 🚀 Démarrage | Les étapes d’installation, le champ d’essai, et — tout en bas — ce guide et la page « À propos » |
| 📊 Mäi Lëtzebuergesch | Votre niveau, le mot du jour, vos mots les plus employés et ceux qu’il vous reste à découvrir |
| 🎮 Spiller | Le carnet de cartes, puis les sept jeux |
| 📖 Wierderbuch | Le dictionnaire luxembourgeois–français |
Chaque mot que vous employez fait progresser votre maîtrise du lëtzebuergesch, visible dans l’onglet « Mäi Lëtzebuergesch ». Huit niveaux jalonnent le parcours, d’Ufänker à Sproochenmeeschter, selon la part du dictionnaire que vous avez déjà utilisée. Vous pouvez partager votre carte de niveau.
Sept jeux sont réunis derrière l’onglet « Spiller » :
| Jeu | Ce qu’on y fait |
|---|---|
| 🎲 Wuertsich | Des mots mêlés : tracer les mots au doigt dans une grille de lettres |
| 🔤 Wuertmix | Remettre des lettres dans l’ordre, contre la montre |
| 🟩 Wuertriet | Deviner un mot de cinq lettres en six essais |
| 📝 Wuertlück | Retrouver le mot qui manque à une phrase luxembourgeoise authentique |
| 🔢 Zuelwuert | Écrire en toutes lettres le résultat d’une multiplication — « sechsafofzeg » pour 56 |
| 🧩 Kräizwuert | Des mots croisés : la définition est en français, la case à remplir en luxembourgeois |
| 🔡 Wuertplaz | Une grille vide, une liste de mots, et leur place à trouver |
Tous puisent dans le même dictionnaire que le clavier, sauf Zuelwuert, qui ne puise nulle part : il fabrique ses multiplications et n’a besoin que des noms de nombres.
Les deux derniers sont les seuls où l’on écrit le luxembourgeois au lieu de le reconnaître. Kräizwuert donne le sens et demande le mot : ses lettres accentuées Ä, Ë, É, Ö et Ü sont sur son propre pavé, dans la disposition du clavier, si bien que le jeu ne dépend pas du clavier actif de l’appareil. Wuertplaz fait l’inverse, et c’est le seul jouable sans connaître un mot de luxembourgeois : la grille est vide, tous les mots vous sont donnés, et la déduction porte sur les longueurs et les croisements, pas sur le sens. La traduction n’y apparaît qu’au moment où un mot se verrouille — elle est la récompense, pas la question.
Chacun affiche la traduction française du mot cherché, au moment où elle ne donne pas la réponse : dans la liste pour Wuertsich, sous les lettres pour Wuertmix, à la fin de la partie pour Wuertriet. On y apprend donc du vocabulaire, pas seulement des suites de lettres.
Une partie finie ne laissait rien : la grille s’efface, et les mots avec elle. Le carnet est ce qui reste. Chaque mot trouvé dans l’un des sept jeux — un mot tracé dans Wuertsich, remis dans l’ordre dans Wuertmix, deviné dans Wuertriet, retrouvé dans Wuertlück, bien orthographié dans Zuelwuert, écrit dans Kräizwuert ou casé dans Wuertplaz — devient une carte, et la collection ne repart jamais de zéro.
Il est en tête de l’onglet « Spiller », pleine largeur, au-dessus des sept jeux : il n’y a aucune partie à finir pour découvrir qu’il existe. Sa bannière porte le total, les emojis des jeux qui ont déjà donné une carte, et le nombre de cartes à revoir aujourd’hui. Chaque jeu porte en plus sa pastille « 📔 Carnet » dans son en-tête, et l’ouvre d’une touche.
À la fin de chaque partie — fin de manche, grille complète, mot trouvé — une pochette s’ouvre aux couleurs du jeu que vous quittez : les cartes gagnées s’y retournent une à une, celles que le carnet n’avait jamais vues portant une étiquette « Nouvelle carte ». Elle rend toutes les cartes de la partie, pas seulement les inédites : n’ouvrir que les nouveautés viderait la récompense dès que vous commencez à connaître le vocabulaire, c’est-à-dire précisément quand vous progressez. « Passer » est offert dès la première carte — c’est un cadeau, pas un passage obligé. Une grille dont on a demandé la solution n’en verse aucune, puisqu’elle ne rapporte rien.
Le mot, sa nature quand la majuscule la donne, une illustration, le sens français, une phrase d’exemple du dictionnaire officiel, les autres formes de sa famille, son rang dans la collection — et l’emoji du jeu dont elle vient. Un mot gagné dans deux jeux reste une seule carte et porte les deux emojis : ce sont les mêmes mots, en faire deux cartes doublerait la collection sans rien lui apprendre.
La rareté n’est pas inventée : c’est le rang du mot dans le dictionnaire de fréquences, en quatre paliers — Commun ●, Peu commun ◆, Rare ★, Très rare ✦. Poser des « points de vie » sur une vraie langue aurait appris quelque chose de faux. Les illustrations, elles, sont dessinées à partir des lettres du mot : aucune image n’est embarquée dans l’application, et la même forme donne toujours la même carte.
Le carnet se trie (Récent, A → Z, Rareté) et se filtre par jeu. Les filtres n’apparaissent qu’à mesure que les jeux donnent des cartes.
Une collection qu’on ne rouvre jamais est une étagère à trophées. Le carnet est donc aussi une méthode de révision — Widderhuelen, « répéter ».
Chaque carte occupe une boîte, de 1 à 6. Une bonne réponse la fait monter d’une boîte, une mauvaise la ramène au départ, et le délai avant sa prochaine visite s’allonge à chaque montée :
| Boîte | La carte revient dans |
|---|---|
| 1 | 1 jour |
| 2 | 3 jours |
| 3 | 7 jours |
| 4 | 16 jours |
| 5 | 35 jours |
| 6 | 90 jours |
Au sortir de la sixième, la carte est acquise et ne revient plus : 152 jours séparent la première rencontre de l’acquisition. Une barre de six segments sous chaque vignette dit où en est sa révision — une barre et non une couleur, la couleur du cadre appartenant déjà à la rareté.
Ces intervalles sont des valeurs d’usage, pas des valeurs mesurées, et l’application ne prétend pas le contraire : aucune donnée de rétention ne sort du téléphone, donc rien ici ne pouvait les mesurer.
Vous ne choisissez pas la difficulté, elle suit la mémoire :
Juste à un accent ou à une majuscule près compte comme réussi. La différence vous est montrée — « vous avez écrit greng, le mot s’écrit gréng » — et la carte reste dans sa boîte : ni punie, puisque le mot était su, ni promue, puisque l’orthographe ne l’était pas. C’est le seul endroit de l’application où l’accent et la majuscule sont la question, et non un détail d’affichage.
Une réponse juste que le jeu n’attendait pas est acceptée : sur une question posée depuis le sens français, toute carte de votre paquet portant ce sens vaut réponse. Répondre Akkord là où la carte disait Accord n’est pas une erreur.
Une carte dont le compteur d’usage a monté depuis la dernière session monte d’une boîte sans que la question soit posée : avoir écrit le mot dans un vrai message est une preuve de mémoire plus forte qu’une carte retournée. Le bilan de fin de session le dit en clair — « vous avez écrit vous-même … depuis la dernière fois : ces cartes n’avaient rien à prouver. »
Le bouton « 🔁 Réviser N cartes », en tête du carnet, ouvre la session. Elle est plafonnée à douze cartes, les plus anciennement dues d’abord, puis les boîtes les plus basses ; une carte ratée repasse une fois en fin de session, pour ne pas quitter sur un mot qu’on n’a pas retrouvé.
La bannière annonce ce que la prochaine session contient, jamais l’arriéré : promettre « 213 cartes à revoir » est la façon de n’en faire réviser aucune. De même, un carnet déjà rempli au moment de la mise à jour n’est pas rendu entièrement dû le jour même : les cartes sans échéance sont étalées par paquets de douze sur les jours suivants, dans leur ordre de capture. La collection revient au rythme où elle a été faite.
Le quatrième onglet est un dictionnaire luxembourgeois–français de 88 883 formes traduites, regroupées par famille, qui ne demande jamais dans quel sens vous cherchez : tapez « Haus », vous obtenez « maison » ; tapez « maison », vous obtenez « Haus ». Le clavier luxembourgeois s’ouvre dans le champ de recherche, accents compris.
Touchez un résultat et sa fiche s’ouvre. Elle contient :
Un appui long sur un résultat le copie directement, sans ouvrir la fiche.
Les plus courantes sont ci-dessous ; la FAQ complète en couvre une trentaine, de la place occupée aux majuscules des noms.
Le clavier n’apparaît pas quand je tape. Vérifiez qu’il est bien sélectionné, et pas seulement activé : reprenez l’étape 2, ou faites un appui long sur la barre d’espace.
Comment revenir ponctuellement à un autre clavier ? Appui long d’une seconde sur la barre d’espace, puis choisissez-en un autre dans la liste.
Mes données partent-elles quelque part ? Non. Le clavier n’a aucun accès à Internet. Seuls les mots déjà présents dans le dictionnaire sont comptés pour la progression : un mot de passe ou un nom propre n’y figure pas et n’est donc jamais enregistré. Le clavier se désactive de lui-même dans les champs de mot de passe. Voir la politique de confidentialité.
Le correcteur reste muet après une mise à jour. Android garde parfois l’ancienne liaison jusqu’au redémarrage du téléphone. Cela vient du système, pas du clavier.
Un mot que je connais n’est pas proposé. Le clavier reconnaît 123 265 formes : celles d’un corpus de luxembourgeois contemporain, reconstruit à chaque publication, complétées par celles du dictionnaire officiel — ce sont ces dernières qui ont apporté les mots du quotidien que la presse n’écrit jamais, comme Läffelen ou schaffesch. Il reste des manques, la langue composant ses mots sans limite. Signalez le mot manquant via le formulaire de retours ou une issue GitHub.
Faut-il réviser tous les jours ? Non. Une carte due qui n’est pas revue reste due, elle ne se perd pas et rien ne vous est reproché. Et comme une session est plafonnée à douze cartes, une semaine d’absence ne fabrique jamais un mur de deux cents cartes à l’ouverture.
Mon carnet suit-il si je change de téléphone ? Oui : le carnet est rangé avec les réglages du clavier, donc sauvegardé et transféré comme eux. Ce sont des mots de dictionnaire. Les compteurs de frappe, eux, ne quittent jamais l’appareil : le carnet ne reçoit d’eux qu’une date d’échéance, et une échéance repoussée parce que vous avez écrit le mot est indiscernable d’une échéance repoussée par une carte réussie.
Le clavier est-il gratuit ? Oui, entièrement, sans publicité et open source (code source sur GitHub).
Une question qui n’est pas couverte ici ? Passez par le formulaire de retours ou ouvrez une issue.
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